Être à haut potentiel, c’est une incroyable force, comme le disait Pascale Senk 1, dans un article publié il y a douze ans déjà et c’est une vraie richesse mais aussi souvent une immense fragilité et une vulnérabilité. Le coaching pouvant se définir comme la révélation et la mise en œuvre du potentiel des personnes, il semble a priori tout particulièrement indiqué pour les personnes à haut potentiel intellectuel et émotionnel.
Cet article s’appuie sur le travail réalisé dans le cadre d’un mémoire sur l’apport du coaching pour les profils HPI hypersensibles avec la réalisation de plus d’une quinzaine d’entretiens avec des profils atypiques et des coachs professionnels spécialisés sur l’accompagnement de ces personnes.
1- L’intérêt d’une démarche de coaching pour les profils atypiques
Si la plupart des personnes peuvent avoir l’impression que les personnes au profil atypique (HPI, zèbres, …) sont fières et vraiment chanceuses, mes entretiens m’ont montré que le double potentiel entraînait souvent un décalage et un mal être. Cela confirme l’intérêt que peut avoir une démarche de coaching pour les personnes au profil atypique à un moment de leur vie opportun.
2- Les apports d’une démarche de coaching pour les profils atypiques
Il existe un certain nombre de limites au coaching de profils atypiques et des écueils à éviter que je me dois de mentionner dans ce dernière paragraphe. Le coach devra rappeler lors de son entretien préalable avec le client atypique (comme d’ailleurs avec chacun de ses clients) ce qu’est le coaching et ce qu’il n’est pas et au cours des séances respecter et faire respecter le cadre du coaching. Le coach ne devra pas démarrer un processus de coaching avec un client suivi par un spécialiste pour une dépression et il pourra décider d’arrêter le coaching s’il pense qu’un professionnel de la santé serait plus expert ou s’il pense que son client peut être dans un état de dépression.
Un certain nombre de coachs HPI décident de se spécialiser dans le coaching des personnes HPI. Ces dernières pourraient alors vivre un phénomène de transfert vis-à-vis du coach qui deviendrait alors une figure tutélaire ou jupitérienne. N’oublions pas le principe d’extériorité cognitive : Il apparaît donc évident qu’il faudra une vigilance accrue du coach qui pourra se faire via l’outil du petit vélo et les auto-évaluations post séance sur les phénomènes de transfert qui pourraient se mettre en œuvre au cours du processus de coaching. Des coachs avec qui j’ai échangé ont aussi évoqué la difficulté à parfois canaliser leurs clients HPI HPE très prolixes.
Le coach devra aussi être vigilant au contre-transfert, sentiment conscient qu’il peut éprouver au regard du vécu et du comportement du client. Ce qu’évoque le client peut en effet faire écho au propre vécu et perceptions du coach HPI hypersensible. Si l’auto-analyse ne suffit pas, le coach pourra faire appel à une supervision.
4- Conclusion
Le dramaturge William Shakespeare disait : “Nous savons ce que nous sommes, mais nous ignorons ce que nous pourrions être. Cette citation s’applique pour moi particulièrement bien au coaching des personnes atypiques, personnes qui ont fait l’expérience de leurs différences, de leur décalage, qui ont pu comprendre le pourquoi de leurs différences lorsqu’ils ont conscientisé leur potentiel et qui cherchent à trouver leur place.
Références bibliographiques : 1 Pascale Senk, article « La force des hypersensibles », Le Figaro, 18 avril 2010
Article rédigé par Karine Lecomte, présidente du cabinet de coaching AMALTHEIA, Reims Grand-Est